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Conclusions

Le peuplement initial des Amériques constitue un thème de recherche difficile et propice aux controverses. Néanmoins, des preuves fournies par l’archéologie, la linguistique et la biologie, attestent que les ancêtres des Indiens d’Amérique ont migré d’Asie. Dans le domaine de l’archéologie, les analogies observées entre l’Amérique paléoindienne et la Sibérie paléolithique concernent l’outillage lithique, le travail de l’os et de l’ivoire, mais également les pratiques funéraires.

Les complexes archéologiques datés du Pléistocène Supérieur, dans le nord-ouest de l’Amérique, ont été rapprochés de plusieurs traditions sibériennes, notamment des complexes des niveaux VI et VII d’Ushki (environ 12 000 et 13 000 cal BP, respectivement), d’Elgakhchan (non daté) et de Berelekh (15 900 cal BP), et de la culture Dyuktai (16 000-11 500 cal BP) ; c’est à cette dernière que l’on doit, semble-t-il, la diffusion de la technologie lamellaire en Alaska. La culture Dyuktai a été précédée, en Sibérie nord-orientale, par le complexe de Yana RHS, daté de 31 800 cal BP. Le long hiatus entre les deux traditions pourrait s’expliquer, au moins en partie, par un dépeuplement de cette partie de l’Asie, en raison de l’intensification de la glaciation. Des comparaisons assez générales ont été effectuées entre l’outillage de Yana RHS et celui de l’Amérique paléoindienne, mais une relation directe entre Yana RHS et les premiers Américains paraît exclue.

D’après l’archéologie et la génétique, en effet, l’homme serait venu en Amérique entre le Dernier Maximum Glaciaire, il y a quelque 21 000 ans, et 16 000 cal BP. Au Pléistocène Supérieur, les migrations entre l’Asie et l’Amérique ont dû être favorisées par l’existence du « pont terrestre de la Béringie », qui unissait la Sibérie à l’Alaska. La disparition de cet isthme, vers 11 600 cal BP, en conséquence de l’élévation du niveau des mers du globe, n’entraîna toutefois pas la rupture définitive des relations entre les sociétés autochtones du nord-est de l’Asie et du nord-ouest de l’Amérique. Ces échanges intercontinentaux se poursuivaient, d’ailleurs, à l’époque des premières expéditions européennes à travers la mer de Béring, au XVIIIème siècle.