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Iconographie

Ces fresques ne répondent pas à un programme iconographique rigoureux. On peut néanmoins observer que la nef est réservée à l’édifice et à sa fonction d’abbatiale. Sainte Cécile, patronne des musiciens, est parfaitement à sa place au-dessus de l’orgue. La première travée honore saint Maurice, à qui l’église est dédiée. Les deux autres, ainsi que les médaillons des tribunes, sont, comme il se doit puisque nous sommes dans le sanctuaire d’une abbaye bénédictine, à la gloire de saint Benoît et de l’ordre qu’il a fondé.

Les autres fresques concernent les fondamentaux de la religion catholique. La Vierge, à la jonction de la nef et du chœur, est représentée dans le triomphe de son Assomption, entourée de scènes de sa vie et de son image apocalyptique d’Immaculée Conception. La Sainte Famille rappelle que Jésus a passé son enfance au sein d’une famille humaine. Enfin, les vertus théologales et les symboles essentiels du christianisme sont au plafond du chœur, la partie la plus sacrée de l’édifice ; la Trinité, mystère absolu de la foi chrétienne, se déploie à l’abside au dessus du maître-autel.

Les fresques, toutefois, ne constituent pas la totalité de l'iconographie de l'église d'Ebersmunster, dont l'ameublement accueille bien d’autres saints encore. Les statues des stalles représentent pour la plupart des saints alsaciens1 : Richarde, Grégoire, Pirmin, Arbogast, Odile, Déodat, Léon IX, Materne…

Les statues de sainte Anne et de saint Joachim encadrent l’autel nord de la nef, celles de saint Sébastien et de saint Nicolas celui du sud2. Les tableaux des autels évoquent saint Oswald, saint Gilles, sainte Scholastique, sainte Odile, saint Joseph... La Vierge apparaît enfant, aux côtés de sa mère, mais aussi en tant qu'Immaculée Conception. Les maîtres du lieu ne sont pas oubliées. On retrouve le Martyre de saint Maurice sur un des tableaux du maître-autel3. Au grand autel du transept Sud, enfin, saint Benoît reçoit dans ses bras le corps du Christ tombant de la croix ; cette toile fait pendant à la Déploration du Christ sur l’autel symétrique du transept Nord4.



  • 1. On compte dix statues à gauche et autant à droite, mais seule les neuf premières, de chaque côté, représentent des saints ; les deux dernières illustrent la sainteté et la prière.
  • 2. On les doit à Anton Ketterer ( 1692-1748), sculpteur originaire de Forêt-Noire qui s’était établi à Colmar.
  • 3. Plusieurs tableaux étaient prévus pour le maître-autel et l'on pouvait en changer.
  • 4. Les deux œuvres sont du peintre de Sélestat Andreas von Wihl.

Référence à citer

Marc Heilig, Les fresques de l'église d'Ebersmunter, archeographe, 2023. https://archeographe.net/fresques_eglise_ebersmunter